omme beaucoup d'artistes underground dans les années 80 naissantes, je frayais dans les milieux de la musique industrielle où se diffusaient, péniblement, des cassettes demos, trésors de bizarreries et — le plus souvent — d'inaudibilité complète ; des bricoleurs plus ou moins géniaux s'appropriaient un art dont la plupart du temps ils ignoraient toutes les règles et inventaient sans le savoir, durant les trois premières années de cette décennie, ce qu'allaient être les formes de l'avant-garde de la suivante entre les mains — désormais — de vrais musiciens.
Certains d'entre ces derniers, reconnaissons-le, n'étaient autres que les premiers ayant persévéré.
        Nombre des auditeurs basculèrent dans la production ; un mimimum de matériel étant requis, c'est avec une batterie d'instruments de cuisine, une bassine d'eau sous laquelle je chantais et quelques outils de bricolage que j'ai couvert, de 1984 à 1987, des kilomètres de bandes magnétiques heureusement disparues. L'acquisition d'un synthétiseur, puis de matériel d'enregistrement et, surtout, la rencontre avec le guitariste Eric Nedelec, m'ont permis de transformer en travail ce qui n'était qu'un défouloir sonore sans grand intérêt.
        1989 fut l'année de la mise en musique (bruitiste) des chansons disséminées dans UBU par Jarry, et une trentaine d'autres pièces — soit en collaboration avec E. Nedelec, soit seul — furent enregistrées cette année-là, le travail sur un home-studio multipistes permettant une parfaite autonomie.
        La possibilité de créer une musique plus riche et plus complexe (que ne me le permettaient mes faibles connaissances classiques de la musique) s'offrit à moi avec l'apparition dans mon univers sonroes de l'ordinateur (un premier Amiga acquis en 1990) et l'invention de systèmes de notations pour écrire mes compositions acousmatiques qui m'ont permis de faire enfin la musique que je voulais. Depuis 2000 et les premiers travaux avec Vincent Matyn puis François Coquet, ce sont essentiellement les autres musiciens qui, désormais, m'aident à ouvrir et enrichir mon travail d'écriture et d'interprétation. De nombreuses formations, qui font entre elles le grand écart musical - meilleure garantie contre l'ennui et la répétition - sont nées de ces rencontres. Ce fut à chaque fois l'occasion de changer aussi bien de mode de jeu que d'écriture musicale.
        Depuis 2004, le travail avec des instruments de lutherie artisanale, encouragé par les échanges avec Éric Loillieux et DJP, s'est couplé le plus naturellement du monde avec mon travail acousmatique pour me conduire à cette espèce de dialogue continu entre le jeu instrumental et la construction de dispositifs informatiques souples, conçue à la fois comme lutherie et comme dispositif et processus partitionnel.

Aujourd'hui, ma musique a pour structure et espace de développement un modèle géographique, l'archipel. Factuellement, elle navigue sans coupure entre jeu interprétatif et improvisation, espaces clos et chemins mouvants, lutherie artisanale et dialoguants acousmatiques, écriture et dérive. Il s'agit pour moi de rendre sensible l'inévidence qu'il y a à se donner à deux activités hors du commun : écouter de la musique, faire de la musique.


ARCHIVES
DISCOGRAPHIE

Autres formations:

L'essentiel de ce que je pourrais raconter sur mon travail est
contenu dans un entretien avec C. Petchanatz, disponible ici.

LES PIÈCES PRESENTÉES PAR LE TERRIER
        Petite messe funèbre (pièce semi improvisée sur conducteur graphique)

Pièce pour clarinette, tom bass et batterie enregistrée au Salon de Musique en octobre 2011. La clarinette est jouée sur la membrane du tom, la faisant vrombir en passant du souffle à vide au son joué ; les vibrations d'une cloche d'argile frottée se fondent à celles que provoque le souffle de la clarinette sur la peau. Chaque instrument semble se cacher dans la réverbération de l'autre. C'est un cortège rendu indistinct par une brume épaisse. La partie batterie est jouée à part, ce sont les autres instruments qui la guident et l'encadrent : elle tente un pas, mais la marche était entamée sans elle.  Télécharger le mp3 en cliquant sur la vignette ci-contre.

Une brève et longue histoire du monde, marche des soins palliatifs (2011) - marche pour clarinette parlée, clarinette sourde et batterie. Pièce sans durée déterminée, articulée sur une série de motifs rudimentaires combinables à l'infini, qu'on peut indifféremment ouvrir ou fermer, descendre ou monter, étirer ou rétrécir. La marche est ici donnée sous forme de bref exemple, elle est normalement jouée jusqu'à épuisement.

Télécharger le mp3 en cliquant ici.

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        ANADOPI - Centre midassien de traitement des déchets culturels

Work in progress collectif entamé en 2010

Voici un ensemble de piécettes réalisées dans le cadre de notre Laboratoire de la Copie. Les titres, mis en relations avec les travaux qui y sont liés, sont suffisamment éloquent pour éclairer le processus d'écriture et de création sonore.
TOUT EST LÀ

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        5 fois seul (concerts)

huit pièces acousmatiques et instrumentales  (violoncelle, harpe, percussions, guitare, banjo, loillieuse, flûtes, machines, objets) réalisées dans le cadre des concerts solo «5xseul» , organisés avec Arno Bruil au cours de l'année 2007-2009 (une présentation partielle de ces concerts est donnée ici)

  • Pièce 01 - 4:08
    Enregistrement en studio. (Percussions, réponses informatiques)
  • Pièce 02 - 3:31 Enregistrement en studio.
    (voix, flûte, bande, réponses informatiques)
  • Pièce 03 - 7:00
    Enregistrement en studio.
    (caisse en bois, couteaux, réponses informatiques, flutes artisanales, objets)
  • Pièce 04 - 6:07
    Enregistrement en studio.
    (caisse en bois, banjo, réponses informatiques, bandes, objets)
  • Pièce 05 - 15:22
    Enregistrement en studio.
    (harpe, réponses informatiques)
  • Pièce 06 - 14:03
    Enregistrement en concert.
    (banjo, métalophone,
    réponses informatiques)
  • pièce 07 - 8:46
    Enregistrement en concert.
    (percussions à membranes et à lames, bande,
    réponses informatiques)
  • pièce 08 - 7:29
    Enregistrement en concert.
    (violoncelle, guitare
    réponses informatiques)

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        Deserto Rosso

Quatre pièces solo enregistrées au cours d'une résidence de travail collectif du trio éphémère «Les années passent» (Arnaud Bruil, Gaël Violet, L.L. de Mars), à Etel, au cours de l'été 2007.
Il s'agit d'un Work-in-progress consacré au cinéma et aux musiques de films présentant ici sa première série, DESERTO ROSSO (Antonioni). Les pièces découlent indifféremment de l'attention portée au film et à sa musique, et constituent une sorte de commentaire sonore plus qu'une éventuelle illustration a posteriori du film.

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        Concertino - trois piécettes semi improvisées avec Léo Maurel

Ces trois piécettes à durée fixe pour un duo d'instrumentistes dans des couplages objets, instruments et machines, furent écrites en mars 2006 pour ouvrir mon exposition au Centre d'Art de Bazouges la Pérouse (ici, enregistrement public):

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        Traqueurs de son 9 + 5, travail collectif réalisé avec neuf enfants de l'APASE au centre d'art de Bazouges La Pérouse en avril 2007

Cette cellule du site présente:
- l'intégralité des pièces réalisées par les lardons de l'APASE (quatre jours de collecte de sons, de nettoyage et de montage).
- leurs autoportraits dessinés montés en interfaces avec la représentation graphique de leurs montages sonores sur un tracker et un portrait photographique saisi pendant leurs séances de travail.
- Les cinq pièces réalisées par moi au cours de leur passage au centre d'art.
- Une série d'une trentaine de photos prises sur les lieux de traque sonore (Réponses sans question).
-La pochette d'un CD à imprimer.
- Une série de sept dessins (Rébus à sept trous).

Tout est là

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        Pépère bleu bleu, musique enrhumée faite avec le nez

Cette piécette est enregistrée en une seule prise pendant une période de forte fièvre ; demie improvisation assoupie singeant une écoute somnolente de radio jazzie un soir de programmation molle au volant d'une saloperie de citroën à suspension hydraulique. Il fait un peu trop chaud à cause de ce putain de chauffage de voiture impossible à régler correctement, votre nez commence à vibrer bizarrement. La route est floue et pique un peu les yeux. Le chanteur dans le poste est visiblement une marmotte déguisée en homme.

MP3 à Télécharger

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        Sainte Conversation
(pièce pour harpe, soprano et haute-contre)

Pièce composée pour éclairer cette partie de mon regard sur la peinture qui me coupe la parole. Son opérateur est la multiplication, c'est lui qui fait circuler la parole de l'Annonciation aux Saintes Conversations.
Il s'agit, le plus littéralement possible, d'une étude du texte (celui de Luc) et de ses effets sur l'image en tant que celle-ci est le lieu-même de l'Imitation sans cesse reconduite...

Pièce intégrale en mp3s, partitions en pdf, photos

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        Fantaisie pour trois sirènes dans une salle de bain
(piécette bouffe pour voix)

Cette piécette grimaçante s'inscrit dans une série d'études légères dont l'écriture, très graphique, est réduite à son strict minimum : une ligne courant sur le papier millimétré, tracée les yeux fermés pour chaque voix pendant des séances d'improvisation. Les lignes sont réinterprétées en une seule prise avec un minimum de retouches au mixage.Ces pièces sont à considérer comme des jeux vocaux idéaux pour patienter en attendant le digestif après un repas de poissons.

MP3 à Télécharger - Écoute directe en quicktime

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        DONNER LE TON
(pièce pour saxophones baryton et soprano, bandes acousmatiques, voix et chambres d'écho, 2002)

Cette pièce de neuf à dix minutes a été composée pour le saxophoniste François Coquet ; alternant entre la voix et le saxophone les modèles de paraphrases et les jeux de contradictions, la structure collagiste du morceau repose essentiellement sur la possibilité de tempérer à la table de mixage les écarts d'intensité entre les deux instruments. Le texte est une litanie désabusée qui égrène les motifs de dégoût et avoue l'impossibilité de les reduire en les vouant, comme dans une grimacière tirade de cinéma, au meutre.
La malléabilité de l'usage des bandes, le dialogue nécessaire à établir entre les deux instrumentistes, offrent au morceau une large part à l'improvisation brodée à la fois sur les motifs écrits et sur la théâtralité excessive du texte.
L'enregistrement disponible ici fut réalisé lors du Festival ArBag, à Auray, en octobre 2002

Disque disponible chez Boxpock ici

Cette pièce est sous Copyleft, l'intégralité des ressources (enregistrement, bandes de travail, partitions) et une explication de ce qu'est cette Licence Art Libre sont disponibles ici.

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     Archives
        PETITE MESSE DE REQUIEM
(Pièce électronique, 1989):


        Cette pièce est composée pour un DX7 connecté à une Digital Delay (chambre d'echo), et le texte du chant est extrait de La Vita Nova ( Dante ). Elle fut écrite pour le décès de Raphaël-Gaëtan JOA, un ami. Sa composition lancinante et linéaire répond à l'idée que je me faisais de la gravité nécessaire à de telles circonstances; il ne fait aucun doute qu'aujourd'hui je la composerais tout autrement.

extraits et morceau intégral, téléchargement 

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        LA CHANSON DU DECERVELAGE
(pièce électronique, 1992):


        Cette pièce ne prend pour base que le texte de la Chanson du décervelage (Ubu cocu), et non la partition d'Alfred Jarry ; elle en respecte cependant l'esprit, abusant des effets de cuivres et de percussions grotesques. Composée sur le 8 piste Octalyser pou Amiga, elle n'utilise que des sons internes (pas de pilotages Midi) en huit bits. L'introduction, lente et imitant les manières de voix d'un orgue distordu, est clairement narrative, et évoque la traversée de « la Pologne, c'est-à dire nulle part ». Le motif principal en est dû au bidouillage (le seul musical de sa vie sans doute) de Julien Demarc.
Le développement de la mélodie principale joue sur l'enchaînement de quatre motifs aux vertus très distinctes
a--->A (x4), grimaçant, B, intriguant, A(x3), et C(inquiet)--->D(lamento).

2 extraits à écouter et morceau intégral à télécharger 

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  Quatre petites pièces fractales (1997)

Portrait par GoulvenLes quatre pièces qui suivent ont été composées sur un petit logiciel gratuit "Fractal music"; de nombreux logiciels de ce genre ("Music number", par exemple) permettent de générer en midi des séquences infinies de boucles récursives, avec un nombre réduit de paramètres d'intervention. Fractal music dispose d'une quinzaine d'opérateurs de base agissant sur le type d'interactions entre les tons (les modèles fractals, le facteur de récursion, le degré de tolérance aléatoire etc.), les modèles d'harmoniques, sur les timbres et hauteurs de base, des calages métriques on ne peut plus basiques et de huit pistes. La seule action possible pendant le déroulement du morceau est l'activation ou la désactivation d'une de ces pistes. On imagine sans peine qu'un dispositif aussi primitif oblige à une attention redoublée pour ne pas produire inlassablement la même ritournelle stochastique.
  1. Fugue aléatoire. Premier essai de pièce fractale, c'est évidemment la forme de la fugue qui s'est imposée à moi pour voir ce qu'on pouvait tirer de la gestion de mélodies récursives. L'intérêt de ce genre de pièce est de pouvoir les livrer avec leur version programmatique, donnant à l'auditeur une possibilité d'improviser lui-même de nouveaux arrangements sur le morceau.
    Real Audio         téléchargement MP3
  2. Quatre mouches de velours gris. La tentation étant grande de se laisser guider par les principes des logiciels de génération fractales et de se glisser dans les modèles sériels ou progressistes, cette piécette ludique tire au contraire sa structure d'une très grande économie de moyens.
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  3. Trouer et remplir. La plus ouvertement bruitiste de ces petites pièces, "Trouer et remplir" est créée exclusivement pour jouer des possibilités de mixage en direct des pistes fractales, sans soin particulier accordé à la richesse éventuelle des boucles utilisées.
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  4. Dans le bain. Pièce percussive et décorative, "Dans le bain" est la quintessence de la pièce fractale et pourrait très bien avoir été composée par une machine seule.
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        ME & THE FISH, Cantate pour un poisson
(A cappella, pour soprano et Alto, 1998):


        La Cantate pour un poisson fut composée autour du poème Me & the Fish, extrait du recueil Constitution(s) (publié chez K’D M éditions, 1994).
C’est le produit d’un véritable travail de collaboration avec les deux cantatrices Elizabeth çatçoury et Julie Delalande; s’il est toujours difficile de s’entendre avec des interprètes, même lorsqu’on partage la même grammaire musicale, le travail en est extrêmement compliqué lorsque ce n’est pas le cas. Il a donc fallu inventer ensemble un système de notation qui leur permettent de se retrouver dans mes explications vaseuses. Je les félicite pour leur patience et, aussi, leur invention, car ce morceau n’aurait jamais pris cette forme sans leurs interventions pour calmer ou enrichir ma façon de travailler.
Comme tous mes travaux musicaux celui-ci est composé à la manière d’un collage de motifs hétéroclites, dont l’ensemble est pensé comme un opéra-bouffe, éloge de l'immobilité.

2 extraits à écouter et morceau intégral à télécharger 

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        URBAINE
( pièce acousmatique et voix, 1999/2000):

Album produit par BOXPOCKConstruite au départ sur la même structure que le poème "Beat", Urbaine est une pièce à la fois linéaire (elle suit le cours de la journée d'une ville) et spatiale (elle s'articule comme les cellules habitées qui donnent à la facade d'un immeuble leurs fenêtres allumées ou éteintes), Urbaine est une pièce narrative qui vise une sorte de réconciliation historique; son attirail technologique est celui de la musique des home-studio sur micro ordinateur, ses influences et les éléments sonores que j'y manipule sont chevillés à l'aventure de la musique acousmatique. Un hommage au GRM et à tous ces compositeurs qui ont dessiné pour mon oreille les sinuosités d'un nouveau pavillon.
Cet enregistrement fut réalisé au Studio de F. Lawrence, en octobre 2000, avec les voix de Julie Delalande (soprano) et Élizabeth Çatçoury (alto).

4 extraits à écouter et morceau intégral à télécharger (version avec et sans voix)  

Albums photographique en concert
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        SIX MUSIQUES POUR LES AUTRES-STRABISME
(pièces électroniques, 2000):


        Ça faisait très longtemps que je voulais mettre en oeuvre un tel projet: créer des pièces susceptibles d'être entendues seules, mais présentant une structure suffisamment ouverte pour permettre à divers instrumentistes de s'y glisser, pour composer ou improviser dessus.
Il m'a fallu l'expérience d'Urbaine, une pièce complexe et de longue haleine, pour être assez assuré dans mon travail et entreprendre cette aventure singulière. Ces six pièces ouvertes ont pour l'instant été interprétées avec le compositeur acousmatique Vincent Matyn, qui y a infiltré son savant travail de mixages. Le saxophoniste Bertrand Gauguet et la chanteuse Elisabeth Çatçoury seront les prochains invités dans cet espace sonore.
Je vous livre les pièces dans leur version brute, non seulement pour votre plaisir d'écoute, mais aussi, si vous êtes musiciens, pourvous convier à tenter l'expérience (Expédiez un CD vierge et demandez moi les fichiers .wav à : lldemars@wanadoo.fr )

Album produit par le S.E.P.A. Vous pouvez maintenant découvrir un des résultat possibles de l'utilisation de ces bandes en concert à Paris dans le cadre du festival Wox, avec Vincent Matyn ICI. Un album photographique de ce concert est également consultable ICI, et un autre, lors de la réinterprétation de cette pîèce au Bon Accueil (Rennes) ICI.
2 extraits à écouter et les 6 morceaux intégraux à télécharger 

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        POZOR
(pièce acousmatique, 2001)


        Cette piécette de trois minutes a été composée pour un court-métrage vidéo de Maurice Pozor, LOUDA, que vous pouvez voir sur son site, Bazooka 0980, à cette adresse http://pro.wanadoo.fr/pozor/video/video11.htm.
Travailler pour ce film était assez reposant, les événements video tissant déjà la trame structurelle du morceau, égrenant ce qui allait en constituer l'enchainement narratif et décider des articulations, des éclats ponctuels, etc.
Le principe de composition est très simple: dix générateurs d'ondes harmoniques sont couplés à des phaseurs décalés dont les modulateurs donnent libre court à une interprétation stochastique. Les différentes frictions des harmoniques créent des sons spectraux, et les accidents les plus marquants offrent un cadre narratif supplémentaire pour broder soit des variations harmoniques soit des accompagnements dissonnants. La nature ondulante des sons phasés suffit à donner le tempo de la pièce.

2 extraits à écouter et le morceau intégral à télécharger 

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        TUGNY
(chansons, août / novembre 2001)
Au début de l'été 2001 Emmanuel Tugny (dont vous pouvez découvrir le travail d'écrivain ICI ou en vous abonnant à la revue MMI ICI ) me fila un paquet de textes de chansons en me disant "Hé, Laurent, ça te dirait de mettre ça en musique?". N'ayant jamais fait ce genre de truc, j'étais assez dubitatif sur mes compétences pour un travail de chansonnier, mais le pari de faire une pop respectant les règles en usage du genre sans sombrer dans la nouillerie ordinaire était assez excitant pour que je m'y frotte. Le résultat est ce que j'appelerais de l'acousmapop, une musique née en studio et destinée à y rester, majoritairement électronique; si j'ai choisi de conserver ma voix de sifflet de cocotte-minute pout les interpréter, j'ai toutefois fait appel à mes deux chanteuses préférées pour les choeur de Yankee Duddle, Élizabeth Çatçoury et Julie Delalande, à Jim B. de Enihcam pour la partie guitare de Avec un coeur, à François Coquet de Rhizome pour la partie saxophone de la même chanson, et à Raphaël Edelman pour la partie guitare de Anne et Suzy. Merci aussi à Jean-Christophe de Enihcam et à Jean-Marc Duchenne pour avoir mastérisé cet 'album. Décidément, il y aura eu du beau monde au casting pour la conception de Tugny. Alors écoutez les extraits, téléchargez L'INTÉGRALITÉ DE L'ALBUM AVEC SES POCHETTES IMPRIMABLES ICI.

L'album Tugny a donné lieu à un concert au Bon Accueil le 5 Juillet 2002 ; vous pouvez consulter un album photo de ce concert (cliquez sur l'image de gauche) et télécharger l'intégralité des morceaux inteprétés par Julie Delande, Élizabeth Çatçoury et bibi (extraits en quicktime, morceaux en MP3s).

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        MORE OPERA
(Opera acousmatique en 1 acte et 7 scènes, 1991/93):


Pochette du CD More Opera Texte du livret du CD (Produit par K'D M éditions, 1997)

« La musique rock est celle que l’on ne va pas chercher ; dans sa version abatardie (pop ou musak) ou sous sa forme plus ou moins expérimentale, c’est la première musique que l’on habite en naissant. C’est aussi celle qu’une grande distribution  n’empêchera jamais de fédérer des auditeurs qui lui trouveront, étrangement, une valeur d’exception.  Sa valeur d’échange groupale lui tient lieu de morale, de cachet d’authenticité et d’engagement politique. En vérité, elle porte tous les stigmates d’une réelle dépolitisation du sujet social au profit d’une politique jamais avouée de fascisation esthétique.
 Ce degré zéro politique comporte une marge d’inoffensivité proportionnelle à la prétention d’exclusivité du producteur et des auditeurs: plus un auditeur renonce à l’intimité prétenduement élitiste avec le groupe choisi et au périple d’initiation parodique qui l’entoure, plus il se soumet aux règles de la fascisation esthétique la plus écrasante. La distance est en vérité assez faible, c’est celle qui sépare le dogmatisme aveugle de la secte naissante.

Photo de scène - Salle du Champ de Mars, 1993Le rock pêche généralement par là où les révolutionnaires de 1789 voulaient entraîner la musique : stupéfaction, efficacité, hégémonie, haine de la culture, militarisation des comportements, esprit de chapelle.
Mais cette musique étant justement l’habitat de tous, comment échapperait-elle à la diversité de ses habitants? Puisqu’on ne peut pas apprendre à oublier, les compositeurs contemporains ont cessé d’écarter comme un parasite lescaractères de la musique rock, et l’administration de ces particularismes a gagné un champ immense d’investigation musicale vaguement occupé par deux tendances: une implication des données offertes par le rock et ses succédanés dans le domaine dit de la musique contemporaine (Heiner Goebbels ou, dans une toute autre mesure, John Zorn), et la prolifération de formations musicales dont l’instrumentation et la culture sont de toutes évidences rock, mais que les audaces de la musique contemporaine ont poussé dans cette direction expérimentale. Si le jazz, musique un peu plus savante, se prêtait évidemment à cette rencontre (et elle se fit très tôt comme on sait), la pauvreté et l’inculture affichée du rock d’une part, et l’indifférence polie des compositeurs plus savants à son égard l’ont considérablement retardée. Il faut bien reconnaître que la proximité induit souvent l’invisibilité : pourtant, l’immédiate disponibilité du rock est d’un usage qui ne risque ni l’exotisme historique du post-modernisme, ni celui géographique de la grotesque et cynique world-music.
Franck Laurent au saxophone - photo de scène, 1993 Écouter du hard-core ET Luciano Berio n’est pas une attitude post-moderne, mais une réalité moderne.
MORE OPERA a été composé en 1991, à une époque où la techno naissante fabriquait déjà une bonne quantité de redoutables crétins : émerveillés par la technologie avec pas moins de 45 années de retard sur Stockhausen, elle allait permettre à une génération d’ânes bâtés de se rendre supportable une musique de recherche à laquelle ils ne comprenaient rien en la rendant dansante. Tout y passera, de Bach à Jimi Hendrix, le tout mâtiné d’une incompétence à composer quoi que ce soit d’original et de subtil qui touche  chez eux à la lumière.

         C’est l’emportement des guignols technocratiques au début des années 90 pour l’épouvantable musique du très officiellement nazi Carl Orff qui marqua la nécessité de produire une pièce qui puisse être simultanément la réponse musicale d’un compositeur à cet enthousiasme inquiétant, et une esquisse de commentaire sur cette réponse : MORE OPERA s’écoute plus aujourd'hui comme un repli analytique de la musique sur elle-même que comme une oeuvre au sens le plus traditionnel du terme. autant dire qu'elle m'est devenue inaudible.
Au même titre qu’un film d’Haneke est nécessairement percuté par la violence dont elle est le sujet, MORE OPERA est sans cesse dans la zone de perturbation des éléments misérables soumis à l’analyse.
         La lente gradation qui s’opérait, morceau après morceau, dans l’épaisse et martelante touffeur des percussions synthétiques ne conduisait peut-être pas à la réponse la plus optimiste que l’on pût imaginer, mais elle traçait un panorama assez exact de l’immense travail qu’il reste à faire. »

2 extrait de d2 pièces, et 2 morceaux en version intégrale, téléchargement 

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        ARCHIVES:

    Le Daltatron (interface Flash de Daltex sur des lectures de Beat)

        Cette petite interface réalisée par Daltex (dont vous pouvez découvrir le travail ici ) est née d'une rencontre au cours d'une Copyleft party au Webbar. Destinée à être sophistiquée pour devenir un véritable instrument de concerts, ces deux exemples vous donneront un aperçu de ses possibilités.
exemple 01  

exemple 02 


À travers le Miroir (pièce bruitiste, 1988)

        Cette pièce, la première à être issue d'une partition - très embryonnaire - est très formalistement construite sur le passage du miroir par l'Alice de Carrol : le corps principal du morceau ( chant réverbéré exagérément et boîtes à rythme concassées par un écho très court ) subit en son milieu une distorsion, qui le conduit à être dupliqué à l'envers dans son intégralité. L'accompagnement de cette deuxième partie corrige l'effet des bandes inversées en liant les passages chantés et hurlés.
morceau intégral à télécharger  (master 2007)

     Climbing up the stairs - Pop Song (pièce acousmatique et chant, 1989)

        Cette pièce fut composée comme un "divertimento", pour me reposer d'une période assez productive de musique expérimentale acousmatique, durant laquelle je découvrais la brute complexité de la synthèse FM du DX 7. Quasi improvisée sur des banques de sons destinées à d'autres travaux plus sérieux, c'est le texte -anecdotique, proche de l'esprit objectiviste américain- qui guide le jeu.
extraits à écouter et morceau intégral à télécharger 

        Bientôt dans les archives: Space & Soap Opera, extraits (1988)


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