LOUISE :
Dans la galerie des personnages le soldat est un sombre abruti. Il a
des excuses. Paysan, brave brute désorientée, sur le champ
du 18 mars, il refuse de tirer sur les femmes qui protègent de
leur corps les canons de Paris qu'on ne va pas manquer de tourner, sans
ça, contre les ouvriers, mais ne parvient pas à résister
au mélange de séduction et de contrainte qu'exercent les
officiers matois mais plutôt moins laids que les bourgeois, eh
oui, il y a des hiérarchies en toutes choses. Les paysans pas
vraiment coupables, juste de pauvres gens manipulés et incapables
de comprendre les ouvriers, d'autant plus que le héros, Jean,
a vraiment une de ces superbes têtes slaves, pleine d'incandescence,
avec une brève barbe en bataille et un air d'égarement
qu'on a envie d'attribuer au combat moral qui se déroule en lui.
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