La Nouvelle Babylone de Kozinstev et Trauberg - Musique du Surnatural Orchestra
cliquez sur l'image cliquez sur l'image
cliquez sur l'image

JEAN :
On pourrait très facilement faire une typologie des caractères dans la Nouvelle Babylone. Ils sont peu nombreux, et tous rapidement reconnaissables. Un Jules Vallès par exemple, incarné par un acteur qui ressemble étrangement à Lénine jeune, et celui-là quand il finit par prendre un fusil tout de même alors qu'avant non on devine que là c'est du sérieux. Le patron du grand magasin personnifie bien l'infâme médiocrité du grand possédant, répugnant dans le moindre de ses gestes et affligé d'un rire faux-jeton qui fait plaisir à voir (c'est lui). Le député toujours plus ou moins accompagné de sa cocotte passe son temps à négocier on ne sait quel marché pas net. Le bon prolétaire est éveillé, son visage marqué par le travail respire tout de même la proto-compréhension de la théorie matérialiste de l'histoire et de la réalisation inexorable de la victoire du prolétariat. La pasionaria révolutionnaire est bien sûr un tantinet hystérique mais c'est une brave fille au fond, qui subit l'oppression sans bien comprendre et finit par mourir en ayant une vue complète sur la réalisation des contradictions du capitalisme et la dialectique marxiste. Ou quelque chose du genre. En tout cas elle s’appelle Louise mais elle n’est pas institutrice.

cliquez sur l'image

la Nouvelle Babylone un film de Grigori Kozinstev et Leonid Trauberg avec la Musique du Surnatural Orchestra - chronique de Oolong et P.D.Jonckheere