JEAN :
On pourrait très facilement faire une typologie des caractères
dans la Nouvelle Babylone. Ils sont peu nombreux, et tous rapidement
reconnaissables. Un Jules Vallès par exemple, incarné
par un acteur qui ressemble étrangement à Lénine
jeune, et celui-là quand il finit par prendre un fusil tout de
même alors qu'avant non on devine que là c'est du sérieux.
Le patron du grand magasin personnifie bien l'infâme médiocrité
du grand possédant, répugnant dans le moindre de ses gestes
et affligé d'un rire faux-jeton qui fait plaisir à voir
(c'est lui). Le député toujours plus ou moins accompagné
de sa cocotte passe son temps à négocier on ne sait quel
marché pas net. Le bon prolétaire est éveillé,
son visage marqué par le travail respire tout de même la
proto-compréhension de la théorie matérialiste
de l'histoire et de la réalisation inexorable de la victoire
du prolétariat. La pasionaria révolutionnaire est bien
sûr un tantinet hystérique mais c'est une brave fille au
fond, qui subit l'oppression sans bien comprendre et finit par mourir
en ayant une vue complète sur la réalisation des contradictions
du capitalisme et la dialectique marxiste. Ou quelque chose du genre.
En tout cas elle s’appelle Louise mais elle n’est pas institutrice.
|