Les Éditions Terre Noire
& Le Terrier
 

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Il y a les colis alimentaires de la banque alimentaire : biscuits premier prix, kilo de riz, paquets de pâtes.
Il y a les autres qui attendent, eux aussi, un colis alimentaire.
Il y a parfois une tablette de chocolat dans le colis de la banque alimentaire.
Il y a les collectes de la banque alimentaire.
Il y a que lorsqu’en tant que pauvre on participe à la collecte de la banque alimentaire à l’entrée des supermarchés on comprend que ce sont les pauvres qui donnent le plus.
Il y a les réflexions de ceux qui donnent de la nourriture.
Il y a ceux qui font donner un paquet de nouilles aux pauvres par leur enfant, pour lui faire la leçon.
Il y a que le jour de la collecte alimentaire est le seul jour où les vigiles des supermarchés ne nous regardent pas de travers, même si on reste dehors.
Il y a les magasins où l’on n’entre jamais.
Il y a les gens qui mangent dans la rue.
Il y a les poubelles dans lesquelles on n’ose pas encore piocher.
Il y a les gens comme nous, qui nous dégoûtent.
Il y a les couvertures sales.
Il y a les machines cassées du lavomatic.
Il y a qu’on n’a pas assez de pièces pour les jetons et la lessive.
Il y a eu 150 pauvres dans une manifestation à paris, qui manifestaient contre leur pauvreté.
Il y a que tous nos amis en sont.
La «souplesse» du travailleur précaire ou du chômeur est en soi un fantasme majeur : celui d’une personne «femme ou homme» disponible, c’est-à-dire ne refusant pas un travail quel qu’il soit qu’il suffit de solliciter sur la base d’un contrat évident, connu de tous : le devoir d’échanger sa force de travail contre le salaire le plus bas possible, non accompagné de droits sociaux. C’est ce contrat qui établit le travail précaire. C’est bien sûr un fantasme essentiellement réservé aux employeurs : ce sont évidemment les patrons qui forment la masse énorme des clients du travail précaire.
Au contrat d’un peu «de travail» contre le minimum d’argent possible, les travailleurs précaires ajoutent une clause particulière, généralement ignorée des clients : prendre le plus d’argent possible et se débarrasser du travail le plus rapidement possible, ce qui revient à se débrouiller pour que le travail soit effectué avec le moins d’investissement possible.
   

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