LOUISE :
Plutôt que de souligner l'action, et d'entrer dans cette chose
souvent désastreuse qu'est le commentaire musical, souvent complètement
superflu, souvent odieusement grotesque à vouloir jouer les marqueurs
de ce qui se marque déjà très bien tout seul, à
vouloir pointer du son au public ce que le public comprend déjà
très bien tout seul et sinon qu'il fasse un effort, plutôt
que se déroule une musique qui se synchronise de temps en temps
avec l'image mais ne tente pas de l'illustrer. Et comme le Surnatural
Orchestra c'est un genre de véhicule lourd de la musique,
avec cette présence agressive des cuivres en particulier, cela
donne des moments déroutants mais attentifs, d'une musique qui
fait attention, comme lorsque la grande fête des parisiens persuadés
de la victoire de l'armée vrounzaize cohabite avec un son fanfaronnant
épais et dense dans lequel se prépare déjà
le moment de crise qui va suivre, lorsque la défaite est annoncée
mais que personne ne l'entend et que du coup la fête se poursuit
encore quelques instants comme ce qu'elle est le début, une grande
cérémonie hystérique où s'agitent des automates
ivres dont l'un ne parvient pas, jusqu'à l'extrême bout
de la scène, à mettre fin à ses gestes, et continue
à danser sous une forme qui se révèle de plus en
plus désarticulée à mesure que les autres personnages
se retirent du champ.
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