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Est-ce que la presse et les médias traditionnels
ignorent du tout au tout l'existence d'internet? Non, tout de même pas,
rassurez-vous, il y a des preuves tangibles du contraire. Internet tel
qu'il est mentionné dans la presse apparaît plus souvent qu'à son tour
dans la rubrique judiciaire. Comme il est étonnant de voir comment la
plupart des articles de presse consacrés à internet s'intéressent principalement
à toutes sortes d'affaires juridiques, imaginez comment vous seriez
surpris que la radio tienne essentiellement la chronique des affaires
judicaires relatives à la presse écrite qui ferait de même de la télévision
laquelle ne manquerait pas de surveiller étroitement les agissements
troubles de la radio. On hurlerait, à la radio, à la télévision et dans
les colonnes des journaux à la diffamation invoquant les campagnes de
discrédit des uns et des autres. Et pourtant internet existe bien en
dépit de ces empiètements hors la loi souvent caricaturaux. Il
y a une autre preuve à verser à ce dossier de la presse qui connaît
parfaitement l'existence d'internet. Internet est devenu la source des
journalistes. Combien de fois ai-je lu dans les sections littéraires
de journaux dans le Monde des livres notamment des
articles consacrés à des écrivains quelques temps après avoir lu une
chronique à propos des mêmes auteurs, mais dans remue.net,
d'ailleurs l'article ne fait généralement pas que découvrir un sujet
dans remue.net, il
en reprend souvent l'argumentaire quand ce ne sont pas des phrases entières.
Dans un tout autre ordre d'idées, Patrick
le Lay, l'année dernière s'était livré dans un entretien radiophonique
à une stupéfiante déclaration dans lequel il vantait l'efficacité de
sa chaîne de télévision à décerveler les téléspectateurs pour faciliter
la réception des messages publicitaires. Cette déclaration passa
tout à fait inaperçue dans la presse écrite, à la télévision sur les
chaînes concurrentes s'entend en matière d'autocritique, je ne
demande pas non plus l'impossible et même à la radio, médium duquel
cette déclaration était issue. Pendant six mois au contraire cette déclaration
fut relayée au sein de l'internet français par des internautes outrés
de cette obscénité sincère. Et puis six mois plus tard, la chose est
revenue, digérée en somme, une opinion avait été forgée sur l'inacceptable
de cette déclaration, et la presse a enfin fait son travail en édifiant
son lectorat. Levées de boucliers et indignation feintes l'espace du
quart d'heure médiatique, fin de l'histoire; que chacun retourne à son
poste ... de télévision.
Antoine Wiertz, la Belle Rosine, 1848

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