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En effet, les médias traditionnels rendent compte de la société comme ils le faisaient avant l'arrivée de l'internet généralisé. Ainsi il est comique d'entendre à la radio une revue de presse toujours entièrement consacrée à la presse écrite, comme si cette dernière, la presse écrite, disait encore la loi. De même, la télévision se fera volontiers l'écho à la fois d'articles parus dans la presse écrite, presse écrite qui donne tous les jours les programmes de télévision mais aussi des transcriptions d'entretiens entendus à la radio. Pareillement émissions de télévision et de radio confondues, et presse écrite dans la rubrique Temps libre vous parleront de vos loisirs, du sport, de la vie culturelle, expositions, théâtre et cinéma, cuisine, jardinage, golf, vie sexuelle, animaux domestiques... que sais-je encore? Ne remarquez-vous pas la complète absence d'internet dans ce vaste éventail de la société d'aujourd'hui, et pourtant, vous êtes nombreux — selon l'expression consacrée à la télévision ou à la radio — vous êtes nombreux donc, à vous servir d'internet comme d'un outil de travail ou encore comme d'un passe-temps. C'est comme si une cloison étanche existait entre ce que l'on appelle les "deux mondes", expression courante dans le vocabulaire de la presse traditionnelle, choisie à dessein pour marquer une différence et par là se prémunir de toute contagion, celle crainte par les médias traditionnels devant internet, phénomène social.


Panaramenko, Crocodiles, 1967

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