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A la fin de cette conférence-débat, la plupart des personnes présentes dans le public sont venues nous voir pour nous dire combien ils avaient trouvé passionnante notre causerie, cela m'a un peu surpris et rappelé comme toujours que le lieu même de la rencontre d'un artiste avec son public était systématiquement un malentendu. Hafid Aggoune s'est poliment excusé auprès des organisateurs en leur expliquant qu'il voulait profiter de sa chambre d'hôtel, Pierre Assouline a dit être fatigué et je crois que j'ai soulagé les organisateurs en leur proposant d'aller boire une bière: dans le lot de ces trois Français, il y en avait au moins un qui savait qu'en Belgique on ne se sépare pas, comme ça, sans aller boire un bière. A vrai dire j'en serais volontiers resté là, après tout n'avais-je pas passé deux belles journées à Bruxelles, invité dans le grand luxe fin XIXème début XXème de l'hôtel Métropole de la place de Brouckère, j'avais pu notamment voir l'exposition orchestrée par Harald Szeemann et intitulée la Belgique visionnaire au Palais des Beaux-Arts, ce sont d'ailleurs celles des oeuvres de cette exposition qui m'ont le plus marqué que je choisis en illustration de cette chronique, alors oui, de quoi pouvais-je bien me plaindre?


Michel François, Déjà vu (Hallu), 2002

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