#6


A vrai dire il n'y avait pas foule, une vingtaine de personnes dont une dizaine qui appartenaient à l'équipe organisatrice. Pour ma part cela doublait un peu l'audience de ma dernière prestation à Angoulême, j'étais donc plutôt content. Notre hôte nous présenta, mais il trébucha beaucoup à nous trouver des points communs. De fait, je n'aurais pas su le dépanner. Il risqua le mot de mémoire. Pierre Assouline lui rétorqua que nous avions tous une mémoire, moi cela ne m'aurait pas dérangé de partir là-dessus en élargissant mémoire = soucis de la mémoire, avec ça au moins on pouvait partir. Ça ne prenait pas facilement, parce que nous n'étions pas très disciplinés, je me suis demandé s'il fallait que je calque mes temps de réponse sur ceux des autres. S'il fallait attendre une manière de rotation de la parole un peu comme on joue aux cartes ou au mah jong, mais mes deux collègues ne semblaient pas suivre de règles en la matière. Je ne me souviens plus très bien de tout ce qui fut dit. Je me souviens que j'ai été amusé d'entendre Pierre Assouline raconter des anecdotes instrumentalisant le mythe de l'instant décisif à propos de Cartier-Bresson qu'il appelait Henri, comme c'est touchant! Puis il a enchaîné avec une idée dont je n'aurais pas retenu grand-chose si plus tard je ne l'avais pas relue dans son blog (j'y reviendrai) et sur la couverture d'un livre de Michel Tournier, apparentant donc la rédaction d'un blog à celle d'un journal extime.


Thieey Zéno, Vase de noces, photogramme, 1974

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