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Les deux écrivains qui m'accompagnaient donc dans cette entreprise, ne chipotons pas avec la hierarchie, étaient respectivement Pierre Assouline, qu'on ne présente plus, auteur de nombreuses biographies, dont celle d'un photographe très connu, mais dont le travail est surtout très ennuyeux et inintéressant, Henri Cartier-Bresson, le nom vous dit peut-être quelque chose, par ailleurs il était dit que Pierre Assouline tenait un blog dans la rubrique éponyme du Monde en ligne, blog que je m'empressais d'aller consulter: depuis six mois, donc, Pierre Assouline tient une manière de chronique quotidienne de la vie littéraire en France surtout au fil de ses lectures, l'homme lit apparemment abondamment et il a un certain talent pour trousser en quelques lignes rapides des critiques assez bien enlevées. Un blog donc. Depuis six mois. L'autre écrivain s'appelle Hafid Aggoune. Il a publié un premier roman chez Farrago qui a pour titre les Avenirs, je vous dis tout de suite je ne l'ai pas lu en grande partie parce que je n'ai pas encore lu tout Dostoïevski et par ailleurs je suis en train de lire La misère du monde de l'équipe de Pierre Bourdieu, et que je lis lentement, autrement dit des lectures plus pressantes m'empêchent de vous guider plus avant dans la connaissance d'un jeune écrivain, qui, lui aussi, donc, tisse sa toile sur internet. Donc, pour lui aussi, je suis allé voir de quoi il retournait sur son site. Là j'ai été un peu surpris, une animation quicktime dès la page index et quand on franchit ce cap une iframe d'un quart d'écran dans laquelle on peut lire une manière de fil de l'actualité dans laquelle il y a des liens hypertextes qui ouvrent de nouveaux sites dans cette iframe réduite. Je sais, ce n'est pas beau de se moquer des maladresses techniques, mais tout de même je dois vous dire que je m'attendais un peu à mieux comme interlocuteurs à propos de l'internet littéraire, d'autant que des liens forts existent entre quelques sites littéraires et le désordre, dont remue.net, à l'aune duquel les deux sites que je viens de vous décrire auraient tout de même du mal à se mesurer. En un sens cela m'a rappelé les premiers temps de l'internet popularisé, la moitié des années 90, où tout un chacun se précipitait pour concocter vite fait mal fait une page d'accueil en promettant avec force fichiers gif d'animation représentant des petits bonshommes qui jouaient du marteau-piqueur pour signifier que dans un futur proche, qui ne fut jamais atteint, on allait voir dans ces pages des tas et des tas de choses. Le site de Pierre Assouline j'en avais un peu fait le tour en une heure. Sa maquette est pour le moins rustique et sa navigation est également rudimentaire. Sur le contenu, il n'y avait là rien que l'on ne puisse lire ailleurs. Si vous êtes grand fan du bonhomme, je suppose que vous trouverez de l'intérêt à connaître un peu ses lectures du moment, sans quoi disons que c'est un peu court. En revanche je vous mets au défi de passer plus de cinq minutes sur le site d'Hafid Aggoune, c'est un site où il n'y a rien. Pour le moment, nous promet-on, pour le moins on nous assure qu'il y a eu mais qu'il n'y a plus, suite à une réflexion en cours sur ce que doit être un site d'écrivain. Plutôt conceptuel.


David Claerbout, Rétrospection, 2000 photogramme

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